
En vue de la prochaine publication
Pour ouvrir l'ouvrage dédié au développement professionnel, voici en guise d'ouverture un quiz V/F
A vous de jouer.
Les solutions sont en bas du post.

Battre en brèche les idées reçues sur la question
En psychologie, une idée reçue est définie comme un ensemble de connaissances à propos d’un objet donné. Par exemple, les connaissances que nous possédons sur la propagation du son. Ces connaissances – certaines vraies (le son se déplace en ondes sonores), d’autres fausses (les vaisseaux spatiaux font de très beaux bruits dans l’espace) – s’agglomèrent pour former une structure (ou un schéma) de connaissances qui, comme nous l’avons vu, peut être utilisée afin de trouver une explication rationnelle face à une situation dont les causes réelles nous échappent.
La carte d’identité des idées reçues comporte quatre caractéristiques qui lui sont propres.
Sa fréquence : une idée reçue a la particularité d’être répandue.
Son caractère d’évidence : elle apparaît comme quelque chose de démontré.
La facilité avec laquelle elle peut être admise qui la rend agréable.
Enfin, elle revêt souvent une forme anecdotique, voire amusante, qui contribue à la facilité avec laquelle elle est acceptée et véhiculée.
(extrait de https://theconversation.com/les-idees-recues-entre-mythe-et-realite-les-schemas-de-notre-pensee-102691)
Analyse des freins au développement professionnel des enseignants
Les freins au développement professionnel des enseignants sont multiples et interdépendants. Ils touchent aux croyances, aux contraintes, aux postures, aux relations et aux compétences.
Freins liés aux croyances et perceptions
Fatalisme et résignation: "L'école ne va jamais changer de toutes façons" - Ce sentiment d'impuissance face à l'inertie du système éducatif décourage l'initiative et l'engagement dans le changement.
Scepticisme face aux innovations: "Encore une mode (ou encore une réforme de plus !)" - La succession de réformes et d'initiatives pédagogiques souvent perçues comme éphémères engendre une lassitude et une méfiance envers toute nouvelle proposition.
Méfiance idéologique: "Encore une initiative néolibérale pour privatiser l'école" - Certaines innovations pédagogiques sont perçues comme des tentatives de démantèlement du service public d'éducation, suscitant un rejet idéologique.
Négation de l'utilité: "Le développement scolaire, cela ne sert à rien" - Certains enseignants remettent en question l'impact réel du développement professionnel sur les apprentissages des élèves et leur propre pratique.
Croyance en l'expertise externe : "C'est le rôle des experts (ou) de la hiérarchie de me dire comment faire" - La délégation de la responsabilité pédagogique aux experts et à la hiérarchie limite l'autonomie professionnelle et l'appropriation des innovations.
Freins liés aux contraintes pratiques
Contrainte temporelle : "Je n'ai pas le temps" - La surcharge de travail, les multiples tâches administratives et la pression des programmes scolaires laissent peu de place au développement professionnel, souvent perçu comme une activité chronophage.
Contrainte matérielle : "Je n'ai pas les moyens" - Le manque de ressources financières, de matériel pédagogique adapté et d'accès aux technologies numériques peut constituer un frein à l'innovation et à la formation.
Priorisation des tâches : "J'ai des urgences quotidiennes à gérer, ce n'est pas ma priorité" - Les impératifs du quotidien, la gestion des classes difficiles et les situations d'urgence absorbent l'énergie des enseignants, reléguant le développement professionnel au second plan.
Complexité perçue : "C'est trop complexe, illisible pour moi"- Certaines approches pédagogiques ou certains dispositifs de formation sont perçus comme trop complexes ou théoriques, décourageant les enseignants.
Freins liés à la posture professionnelle
Isolement professionnel : "Je suis seul(e) avec mes élèves" - L'isolement dans la pratique quotidienne, le manque d'échanges entre pairs et le sentiment de solitude professionnelle peuvent freiner l'innovation et la motivation.
Délégation de responsabilité : "C'est le rôle des experts de me dire comment faire" - L'attente de directives claires de la hiérarchie ou des experts limite l'autonomie professionnelle et la prise d'initiative.
Refus de redevabilité : "Je n'ai pas de compte à rendre" - Le manque de culture de l'évaluation et le rejet de toute forme de contrôle externe peuvent constituer un frein à la remise en question et à la progression.
Désengagement: "Le développement scolaire, cela ne me concerne pas" - Le manque d'intérêt pour les questions pédagogiques, le désinvestissement dans le métier et le repli sur soi limitent l'engagement dans le développement professionnel.
Freins liés aux relations professionnelles
Pression des pairs : "Que vont penser et dire mes collègues ?" - La peur du jugement des collègues, le conformisme et la résistance au changement au sein de l'équipe pédagogique peuvent décourager l'innovation.
Confort relationnel : "Nous nous entendons entre nous, pas besoin ici" - L'absence de conflits et la bonne entente au sein de l'équipe peuvent masquer des besoins de développement professionnel et limiter la remise en question collective.
Dépendance collective : "Je ne peux pas le faire sans les autres" - Le manque d'initiative individuelle et la dépendance excessive à l'équipe peuvent freiner la prise de risque et l'expérimentation.
Crainte du jugement externe: "Que vont dire les parents ?"- La peur des réactions négatives des parents face aux innovations pédagogiques peut inciter les enseignants à la prudence et au conformisme.
Freins liés au cadre institutionnel
Absence de contrainte formelle : "Ce n'est pas obligatoire !- L'absence d'obligation institutionnelle de se former peut décourager certains enseignants qui ne perçoivent pas l'intérêt du développement professionnel.
Contraintes réglementaires: "Le cadre institutionnel ne me le permet pas" - Les règles et procédures administratives complexes, les programmes scolaires rigides et le manque de flexibilité du système éducatif peuvent limiter l'innovation.
6. Freins liés aux compétences:
Manque de compétences perçu: "Je voudrais bien mais je ne sais pas " - Le sentiment de ne pas posséder les compétences nécessaires pour s'engager dans le développement professionnel peut générer un sentiment d'impuissance et de découragement.
Écart théorie-pratique: "Cela fonctionne seulement dans la théorie" - La difficulté à appliquer les concepts théoriques appris en formation à la réalité complexe de la classe peut générer de la frustration et du scepticisme.
Cependant, ces freins ne sont pas insurmontables. En prenant conscience de ces obstacles, en développant une culture de la collaboration et en créant des conditions favorables à l'innovation, il est possible de transformer ces freins en opportunités de croissance professionnelle.

Le début d'une série
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Les extraits présentés explorent le développement professionnel des enseignants, soulignant l'importance d'une approche personnalisée et contextualisée. Ils mettent en lumière les obstacles rencontrés (manque de temps, isolement, résistance au changement) et proposent des solutions concrètes, s'appuyant sur des exemples internationaux et des initiatives locales pour promouvoir la collaboration entre pairs, la réflexivité, et l'utilisation des ressources numériques. L'accent est mis sur la création d'une culture d'apprentissage continu et sur l'impact positif sur les élèves. Enfin, l'ouvrage encourage une approche pragmatique et réaliste du développement professionnel, en partant des besoins réels des enseignants et de leurs élèves.
10 manières de lutter contre les idées reçues
Identifier les « mondes » des enseignants. Selon les sources, les enseignants peuvent avoir des conceptions différentes du changement et de l'innovation. Il est important de comprendre ces différentes perspectives pour pouvoir adapter sa communication et ses arguments. Par exemple, un enseignant qui croit que « le changement, c'est pour les autres » aura besoin d'être convaincu de l'intérêt personnel qu'il a à s'engager dans le changement. Un enseignant qui pense que « les vieilles méthodes fonctionnent encore » aura besoin d'être confronté aux données de la recherche et aux exemples de pratiques innovantes qui ont fait leurs preuves.
S’attaquer aux croyances limitantes. Les sources identifient plusieurs croyances qui peuvent freiner le changement, telles que le fatalisme (« L'école ne va jamais changer de toutes façons » , le scepticisme (« Encore une mode » ou la peur de l’échec Pour lutter contre ces croyances, il est important de les expliciter, de les analyser et de les confronter à la réalité. Par exemple, on peut montrer des exemples d'écoles qui ont réussi à changer, ou encore partager des témoignages d'enseignants qui ont osé innover et qui ont obtenu des résultats positifs.
Promouvoir un dialogue ouvert et constructif. Il est essentiel de créer un espace de discussion où les enseignants se sentent à l'aise pour exprimer leurs doutes, leurs craintes et leurs idées. La communication doit être transparente et bienveillante, et les échanges doivent être basés sur le respect mutuel.
S’appuyer sur les données probantes. Les sources mettent en avant l'importance de la recherche en éducation pour éclairer les pratiques et guider les décisions. Il est important de diffuser les résultats de la recherche auprès des enseignants et de les aider à les interpréter et à les appliquer à leur contexte. On peut également s'appuyer sur des exemples concrets de pratiques innovantes qui ont été évaluées et qui ont démontré leur efficacité.
Valoriser les initiatives et les réussites. Mettre en avant les projets innovants portés par les enseignants et célébrer les succès obtenus. La reconnaissance et la valorisation des efforts déployés peuvent encourager les autres à s’engager dans le changement.
Proposer des formations et un accompagnement adaptés. Les enseignants ont besoin de formations et d’un accompagnement pour développer les compétences nécessaires à la mise en œuvre de nouvelles pratiques. Ces formations doivent être ancrées dans la réalité du terrain et répondre aux besoins concrets des enseignants. L'accompagnement peut prendre différentes formes : coaching, mentorat, groupes de pairs, etc.
Encourager l’expérimentation et l’innovation. Créer un climat de confiance où les enseignants se sentent libres d'expérimenter de nouvelles approches pédagogiques sans craindre l'échec. L'innovation doit être encouragée et valorisée, et les erreurs doivent être considérées comme des opportunités d'apprentissage.
S’ouvrir à l’extérieur et s’inspirer d’autres modèles. Observer ce qui se fait dans d’autres écoles, d’autres pays, d’autres secteurs d’activité. L’ouverture aux idées nouvelles et aux pratiques différentes peut permettre de sortir des sentiers battus et de trouver des solutions innovantes aux problèmes rencontrés.
Développer une culture collaborative du développement professionnel. Encourager les échanges entre pairs, le partage d'expériences et la co-construction de savoirs. Les enseignants peuvent apprendre les uns des autres et se soutenir mutuellement dans leurs démarches d'innovation.
Adopter une approche systémique du changement. Le changement ne peut se limiter à la sphère individuelle. Il est important d’agir sur l’organisation, les structures, les ressources et les politiques pour créer un environnement favorable à l’innovation.
Lutter contre les idées reçues est un travail de longue haleine qui nécessite une approche globale et concertée. En s'inspirant des sources fournies et en adoptant les stratégies décrites ci-dessus, il est possible de créer un climat favorable à l’innovation et au développement professionnel au sein de l'école.
Les réponses au quiz
1. - FAUX - Les petits changements progressifs sont tout aussi valables et efficaces.
2. - VRAI - Tout échange constructif sur les pratiques contribue au développement professionnel.
3. - FAUX - Il s'agit plutôt d'un enrichissement progressif des pratiques actuelles.
4. - VRAI - Les échanges informels sont des occasions précieuses d'apprentissage.
5. - FAUX - Chacun peut progresser à son propre rythme selon son contexte.
6. - VRAI - L'observation et l'adaptation sont des moyens légitimes de progression.
7. - FAUX - Il existe de nombreuses voies informelles tout aussi valables.
8. - FAUX - Il peut se faire avec les ressources disponibles dans l'établissement.
9. - VRAI - Elle maintient l'envie d'explorer de nouvelles possibilités.
10.- FAUX - Ils sont au contraire des moteurs essentiels de la progression.
11.- FAUX - Certaines périodes sont plus propices que d'autres.
12. - VRAI - Tout projet collaboratif est une opportunité d'apprentissage.
13. - FAUX - La dimension collective est précieuse et enrichissante.
14. - FAUX - Les établissements et académies disposent souvent de ressources utiles.
15. - FAUX - C'est une opportunité de donner plus de sens à son métier.
16. - VRAI - C'est à chacun de le façonner selon ses besoins et aspirations.
17. - FAUX - Les changements peuvent être progressifs et subtils.
18. - VRAI - Le partage d'expériences est un levier d'apprentissage puissant.
19. FAUX - Il doit s'adapter au contexte et aux besoins de chacun.
20. - VRAI - Le bien-être au travail est souvent lié à la progression professionnelle.
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